Vœux aux forces vives de Wallonie - 2026

Mesdames, Messieurs,

Un corps immobile reste immobile…
Un corps lancé sur une trajectoire continue sur cette trajectoire, tant qu’aucune force ne vient le bousculer.

Permettez-moi de commencer par cette loi de la physique que vous connaissez tous, le principe d’inertie érigé par Isaac Newton

Il peut s’appliquer à une région.
Une région peut s’installer dans l’habitude, dans la répétition, dans la résignation.

Elle peut continuer longtemps sur une trajectoire moyenne, parfois médiocre, simplement parce que personne n’exerce la force nécessaire pour l’en dévier ...

 

La deuxième loi de Newton nous enseigne que plus la masse est importante, plus il faut de force pour l’accélérer.
 

Elle peut s’appliquer à notre région.

Notre « masse », ce sont nos vieux réflexes, nos procédures, notre méfiance mutuelle. Tout ce qui rend la Wallonie plus lourde, plus lente à bouger.


Mais voilà, mesdames messieurs,
la Wallonie n’est pas condamnée à l’inertie.
LA force qui changera sa trajectoire, c’est nous, tous ici réunis, et les milliers d’autres wallonnes et wallons en mouvement.

 

LA force qui changera sa trajectoire, c’est VOUS.

 

Un gouvernement, quel qu’il soit, n’a jamais réalisé seul un redressement spectaculaire. Il en donne l’impulsion.

Avec vous, - oui, vous, - que tout devienne possible est notre nouvelle logique de pensée.

 

Vous - VOUS - êtes les forces qui incarnez le « résolument mieux », chaque année, chaque mois, chaque jour.
Vous - VOUS - êtes les forces d’accélération et d’action.
Vous - VOUS – êtes, tous ensemble, LA force qui bouscule, LA force de réussite de toutes ces réformes.


En 2026, nous allons ensemble résolument accélérer.

Les ingénieurs connaissent la loi de Gall : tout système complexe qui fonctionne est d’abord issu d’un système plus simple qui fonctionnait.
 

En conséquence, presque naturelle, plus un système est complexe, plus il est fragile.

 

En Wallonie, nous avons trop longtemps empilé les couches, ajouter des dérogations, aligner les exceptions.
Complexifier est devenu notre seule réflexe.

 

Résultat : des procédures de permis interminables, des subsides éparpillés, une fonction publique à qui l’on demande tout et son contraire, sans toujours lui donner la clarté ni les moyens.

C’est fini.

Pour les grands projets industriels et énergétiques, nous revoyons en profondeur les procédures de permis.
Désormais, pour les infrastructures stratégiques,

le permis sera délivré au niveau du Gouvernement.
Moins d’étapes.
Moins de doublons. Des délais compatibles avec la réalité économique.

 

Nous avons mis de l’ordre dans les subsides.

En deux budgets, 68 millions d’euros de subsides facultatifs ont été remis à plat pour sortir du saupoudrage, pour passer à des financements pluriannuels, lisibles, évaluables et responsables.

 

A la fonction publique, nous avons choisi de donner de la visibilité, de la stabilité et les moyens d’agir.

 

Avec une norme de remplacement élaborée avec l’administration, sur base de son expertise.

 

Avec plus d’autonomie pour les managers publics, et plus de responsabilité sur le terrain.

 

Chers amis,

Répondons aux attentes de ceux qui entreprennent.
Augmentons singulièrement nos ambitions ,

 

En 2026, nous allons ensemble résolument simplifier


Les statisticiens connaissent bien la loi de Charles Goodhart :
Quand une mesure devient un objectif, elle cesse d’être un bon indicateur.

 

Pendant trop longtemps, nos politiques d’emploi ont privilégié les chiffres à la réalité.On remplissait des salles de formation,

on multipliait les dispositifs occupationnels.

 

Les statistiques bougeaient, pour plaire aux politiques, la vie des gens ne changeait pas vraiment.

 

Nous avons radicalement inversé cette logique.
Moins d’occupationnel, plus d’insertion durable.

 

 

Concrètement :

  • Un seul mécanisme d’aide à l’embauche, simplifié et digitalisé.
  • Ciblé sur les jeunes, les seniors, les demandeurs d’emploi de longue durée.
  • Un budget maintenu, mais conditionné à de vrais retours vers l’emploi.

Les premiers résultats sont là :

En 12 mois, plus de 42% des demandeurs d’emploi issu de la première vague d’exclusion du chômage ont décroché un contrat.

 

Ce n’est pas suffisant, je le sais.
C’est néanmoins un signal clair : 
la dynamique est en marche.

 

En 2026, nous allons ensemble résolument amplifier.
 

En Chimie, Lavoisier nous a appris que :
Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.

En finances publiques, c’est pareil.
 

Nous n’avons pas la prétention de créer de l’argent à partir de rien.Nous transformons de l’argent public mal utilisé en investissements utiles.

 

Oui, la rigueur budgétaire est une nécessité.

D’ici fin 2026, plus de 500 millions d’euros d’économies structurelles auront été réalisées.
 

Cet effort n’est pas un caprice comptable : c’est un impératif moral envers les générations qui viennent.

 

Nous respectons la trajectoire qui a été fixée, nous préparons déjà 2027, 2028, 2029 tout en protégeant les citoyens et les services essentiels.

 

En 2026, nous allons ensemble résolument anticiper.

 

Un autre principe, venu cette fois de l’économie, nous guide :

Dans beaucoup de domaines, 20% des causes produisent 80% des effets.

C’est la loi de Pareto.

 

En économie, on parle d’avantage comparatif. Un territoire progresse quand il investit là où il fait mieux que les autres, pas quand il tente d’être moyen en tout.

 

Appliqué à une région, cela veut dire que quelques secteurs entraînent la dynamique d’ensemble.

La Wallonie concentre des moteurs puissants que beaucoup nous envient.

 

 

Le tourisme.
Une richesse non délocalisable, un véritable levier économique.

En 2024, ce secteur a généré près de 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires et représente plus de 65.000 emplois salariés, avec plus d’ 1,8 million de nuitées enregistrées.

Le tourisme wallon crée de l’activité, de l’emploi et de la valeur sur l’ensemble du territoire.

 

La logistique.

Le secteur du transport et du stockage, c’est plus de 50.000 emplois et environ 2.400 entreprises.

Un pilier discret, mais essentiel, de notre attractivité économique.

 

 

Les sciences de la vie et la biotech.
Plus de 30.000 emplois en Wallonie.

Près de 40% de nos exportations.

3,4 milliards d’euros d’investissements en recherche et développement chaque année, un montant plus que doublé en dix ans. C’est le cœur de notre capacité d’innovation.

 

Enfin, la défense.
En Wallonie, on trouve trois quarts des emplois belges du secteur et presque 90% du chiffre d'affaires du pays avec des entreprises de rang mondial.

Des emplois stratégiques et qualifiés, dans un contexte international que chacun connaît.

 

Ces quatre secteurs disent une chose simple :
la Wallonie attire, exporte, innove et produit.

Propulser ces moteurs, c’est créer des effets d’entraînement pour l’ensemble : sous‑traitants, services, formation, recherche, commerce local.

 

Nous faisons donc un choix stratégique :

  • renforcer ces clusters ;
  • sécuriser leurs conditions d’investissement ;
  • simplifier leur environnement réglementaire ;
  • et, surtout, veiller à ce que cette richesse irrigue tout le territoire.

 

En 2026, nous allons ensemble résolument investir.

 

J’en viens à la théorie des jeux :

On distingue les jeux à somme nulle - ce que l’un gagne, l’autre le perd - et les jeux coopératifs, où chacun gagne plus en coopérant qu’en jouant seul.

Le redressement de la Wallonie est de toute évidence un jeu coopératif

 

  • entre la Wallonie et la Flandre,
  • entre les Régions, l’État fédéral et l’Europe,
  • entre nos pouvoirs publics et les entreprises,
  • entre les employeurs et les travailleurs.

 

Nous n’avons pas vocation à quémander, ni à nous résigner.


Nous avons vocation à être un partenaire exigeant et fiable, dans un ensemble plus large.

Concrètement, cela signifie :

  • travailler avec le fédéral et la Flandre pour que nos réformes régionales s’inscrivent dans une stratégie commune de compétitivité, d’innovation et de transition énergétique ;
  • jouer pleinement notre rôle dans les politiques européennes, pas en suiveur, mais bien en contributeur ;
  • associer systématiquement les acteurs socio‑économiques à la conception, l’application et l’évaluation des réformes.


Dans ce jeu répété, la meilleure stratégie, ce n’est ni la naïveté,

ni le chacun pour soi.

 

C’est la coopération lucide : ouverte, mais pas dupe ; ferme, mais pas fermée.

 

En 2026, nous allons ensemble  résolument collaborer.

Mesdames et messieurs, vous l’aurez compris, un ingénieur ne peut être qu’un homme de principes.

 

Nous vivons dans un monde où, en quelques secondes, une décision est commentée, déformée, amplifiée, parfois insultée.

Je le déplore.
 

Dans ce monde‑là, on ne peut plus faire de politique comme il y a 20 ou 40 ans.

 

Gouverner en 2026, c’est devoir intégrer trois principes de moralité publique :

Le principe de vérité utile :
nous devons dire non seulement ce que nous décidons, mais ce que ça coûte et ce que ça rapporte.

Le principe de cohérence :
nous ne pouvons pas défendre une valeur dans nos discours et faire l’inverse dans nos budgets.

 

Le principe de responsabilité intergénérationnelle :
nous n’avons pas le droit de faire porter

à nos enfants le poids de notre confort à court terme.

 

Depuis le début de cette législature, mon Gouvernement a fait le choix exigeant de la transparence.

 

Faire l’unanimité serait surprenant, mais je souhaite qu’on nous écoute avec bonne foi.

 

Les citoyens veulent la vérité, même brutale, de la clarté, même douloureuse.

Les discours soporifiques qui anesthésient l’urgence, c’est l’ancien monde.


Les diatribes sans fondement, éructées avec emphase, c’est l’ancien monde.

 

Toutes nos forces sont dans la vérité, toutes nos faiblesses dans le mensonge.

 

C’est ce cadre moral qui doit guider la gestion publique, c’est indispensable pour restaurer la confiance.

 

En 2026, nous allons ensemble résolument expliquer

 

Rassurez-vous je m’applique aussi le principe que tout bon discours doit avoir une fin….  ;-)

 

Nos réformes sont imaginées pour celles et ceux qui font la Wallonie aujourd’hui.

 

Notre responsabilité mutuelle, à vous et moi, est cruciale :

  • leur assurer un cadre stable pour longtemps ;
  • leur offrir une collaboration volontariste, ambitieuse, fluide et énergique ;
  • leur dire OUI d’entrée de jeu, parce que toute aventure commence par un oui.

 

Voilà ce que je nous souhaite pour 2026 :
Que nous assumions pleinement, ensemble, la transformation.

Soyons fiers de ce que nous représentons.
Lucides sur ce qui reste à faire.
Déterminés à accélérer et à surprendre.

 

Chères amies, chers amis,

Selon Aristote « il n’y a qu’un seul principe moteur, la faculté désirante ».


Forts de ce principe, le meilleur nous tend les bras.
Allons voir, ensemble, ce que 2026 nous réserve.

 

Je vous souhaite à toutes et tous une année résolument forte et ambitieuse.

Retour aux communiqués de presse