Ce mardi 21 avril 2026, Moody’s a abaissé la note de crédit de la Wallonie de A3 (perspective négative) à Baa1 (perspective stable), conséquence de la dégradation de la note fédérale. Les autres entités fédérées notées sont aussi concernées.
Vendredi passé, Moody’s a annoncé sa décision de dégrader la note souveraine belge de Aa3, accompagné d’une perspective négative, à A1 avec une perspective stable. Cette décision reflète son opinion selon laquelle le Gouvernement fédéral sera dans l’incapacité de mettre en œuvre des mesures suffisantes pour stabiliser le poids de la dette, malgré les réformes budgétaires et structurelles politiquement ambitieuses.
En 2024 déjà, Moody’s avait révisé à la baisse la perspective associée à la note souveraine belge, la faisant passer de « stable » à « négative ». Cette décision avait entraîné un alignement des perspectives des entités fédérées notées par l’agence, sans modification de leur note.
L’année 2025 avait, par ailleurs, été marquée par plusieurs décisions de dégradation : l’agence Fitch avait abaissé la note du Fédéral et de la Flandre, tandis que Standard & Poor’s avait dégradé celle de Bruxelles-Capitale, tout en maintenant en revanche la note fédérale inchangée. Moody's demeurait, à ce stade, la seule grande agence de notation à n'avoir procédé à aucune dégradation d'entité belge.
Il convient de rappeler que si l'État fédéral est noté par les trois grandes agences de notation, la Wallonie bénéficie, quant à elle, d'une notation exclusive auprès de Moody's.
En passant de A3 à Baa1, la note wallonne entre désormais dans la catégorie des notes dite de « qualité de crédit moyenne inférieure ».
Moody’s justifie la dégradation de la note wallonne par la baisse d’un cran de la note souveraine belge de Aa3 à A1. De plus, l’agence de notation pointe la détérioration de la situation financière des régions et communautés, sous l'effet de chocs successifs, de l'indexation automatique des salaires sur l'inflation et de programmes d'investissement importants. Enfin, Moody’s souligne également la faiblesse de la coordination budgétaire entre les niveaux de pouvoir.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions géopolitiques, d’instabilité sur les marchés financiers et d’une détérioration des finances publiques en Europe, héritée notamment des mesures exceptionnelles prises pour gérer les crises récentes. La Wallonie ne fait pas exception.
Cela renforce d’autant la nécessité de maintenir une trajectoire budgétaire crédible et maîtrisée, afin de préserver la confiance des marchés et de garantir la continuité des investissements publics. C’est la raison pour laquelle, malgré le contexte actuel, le Gouvernement wallon a souhaité, pour l’ajustement budgétaire de 2026, s’inscrire pleinement dans la trajectoire d’assainissement voulue dans l’accord de Gouvernement 2024-2029.
Pour Adrien Dolimont, « La décision de Moody’s de baisser la note wallonne et des autres entités fédérées qu’elle évalue fait suite à la dégradation de la note du Fédéral. Mais ce n’est pas pour ça qu’elle en est moins grave… Par ses conséquences directes et également par son message de fond : il faut une prise de conscience collective si nous voulons préserver et améliorer le pouvoir d’achat des Wallons. Cette réévaluation de notation, qui tombe quelques jours après l’ajustement budgétaire de la Wallonie, nous rappelle, si cela était encore nécessaire, que les économies à réaliser ne relèvent en rien d’un choix dogmatique, mais bien d’une saine gestion des deniers publics. Notre travail d’assainissement budgétaire ne peut pas faiblir. Et notre travail sur la suite du Plan de relance est impératif ».